J’ai un petit stress supplémentaire à écrire des banalités, étant donné qu’il y aura sans doute de nouvelles lectrices jet-set qui aterriront ici via l’encart dans Clin D’oeil! Tant pis!

Tante Clau m’avait invitée, un soir de semaine, pour une bouffe maison improvisée. Heureuse, je m’y suis dirigée seule, rapidement, le foulard enroulé jusqu’aux cils du bas.
Elle avait fait son pâté chinois. Non pas un pâté chinois qui se tient en carré, steak-blé d’inde-patate-that’s-it. Non! Un pâté chinois crémeux, onctueux et épicés pour réchauffer l’âme.
En quittant tante Clau pour retourner affronter le froid jusqu’au lucky seven, elle m’a tendu un plat glad (ç’aurait été plus chouette si ça avait été un tupperware, question de rester dans le old fashion, mais c’était un plat mono-usage glad) débordant de pâté chinois déposé délicatement pour ne pas tout mélanger les couches.
«Pour réchauffer le palais et le coeur de ton amour» qu’elle m’a glissé à l’oreille entre deux becs sonores. J’ai mis le plat dans mon sac à main dimension poche-de-hockey-mais-raffiné et je fonce.
Ce matin, je me suis réveillée en sursaut. En sursaut, et fâchée. Contre moi. J’AVAIS OUBLIÉ LE PÂTÉ CHINOIS DANS MA SACOCHE TOUTE LA NUIIIIIIIIIIIIIT!
J’ai avoué le crime à l’amoureux. Il m’a pardonné. Mais moi, je ne me suis pas pardonnée. J’ai un brin honte d’avoir oublié. Il trône sur le comptoir, incapable de le jeter, trophée pour mon cuisant échec. Je ne serai jamais capable de l’avouer à tante Clau. Il y avait tellement d’amour concentré dans ce petit plat. J’ai déjà coatché l’amoureux pour répondre à tante Clau que c’était délicieux, si un jour elle lui demande.